Règles de transcription


Une transcription doit concilier le respect du texte et la nécessité de le rendre aussi intelligible que possible pour le lecteur. Le paléographe doit donc faire preuve à la fois de rigueur et de bon sens.

Les normes de transcription ne sont pas universelles. Elles ont varié au cours du temps et diffèrent encore aujourd'hui d'une "école" à l'autre.

Pour notre part, nous avons choisi d'appliquer les règles suivantes :

- Identification du texte : lorsque ces informations nous sont communiquées, nous indiquons systématiquement le lieu de conservation du document original, ainsi que le titre et la cote du document.

- Numérotation des lignes : nous respectons la présentation générale du texte avec renvoi à la ligne et numérotation des lignes de 5 en 5 pour permettre au lecteur de situer rapidement un mot ou passage intéressant.

- Orthographe : nous respectons scrupuleusement l'orthographe du texte original. Toutefois, les lettres "i" et "u" ayant valeur de consonne sont en principe transcrites respectivement par "j" et "v" (pouuoir sera transcrit par pouvoir, iugement par jugement).

- Abréviations : les abréviations sont développées. Toutefois, dans certains cas ambigus, un mot abrégé peut être reproduit tel quel : par exemple, sr peut signifier sieur ou seigneur, me peut vouloir dire maître ou messire. L'orthographe des mots ou parties de mots obtenus par développement des abréviations est "calquée" sur celle des passages similaires non abrégés. En cas d'impossibilité de comparaison, l'orthographe est alignée sur celle de l'époque concernée (par exemple, dans un texte du XVIe siècle, ptre sera transcrit prestre et non pas prêtre). Les lettres restituées sont écrites en italique, de préférence aux crochets ou aux parenthèses qui gênent la lecture lorsqu'ils sont nombreux.


- Accentuation :

1°) pour les textes du XVIe siècle (jusque vers les années 1580) : seul l'accent aigu est utilisé sur la lettre "e" pour distinguer le "e" tonique du "e" atone en monosyllabe ou en syllabe finale (né, tombé). Les finales en -ee (nee, armee) ne sont pas accentuées.

2°) pour les textes du XVIIe siècle (vers 1580-vers 1715) : les accents sont plus largement utilisés. En particulier, sont accentuées les finales en -ee (née, armée), et l'accent grave est utilisé sur les lettres "a", "e" et "u" dans les prépositions et les adverbes monosyllabiques pour les distinguer des mots homographes (à, là, dès, lès, où). En revanche, la lettre "e" à l'intérieur d'un mot n'est pas accentuée.

3°) pour les textes des XVIIIe et XIXe siècles : c'est l'usage actuel qui est appliqué.


- Autres signes orthographiques : le tréma et la cédille ne sont introduits qu'exceptionnellement. Inversement, le tréma est conservé même s'il figure sur des mots qui n'en comportent plus aujourd'hui (queüe, veü).

- Coupure de mots : selon le cas, les mots peuvent être laissés en l'état, afin de conserver au texte toute sa saveur, ou individualisés conformément à l'usage actuel lorsqu'ils sont liés ou coupés de façon fantaisiste. Les apostrophes nécessaires sont rétablies.

- Ponctuation : nous n'introduisons la ponctuation moderne dans la transcription qu'avec prudence, afin de ne pas dénaturer le texte et risquer un contresens, surtout dans les textes les plus anciens dont la syntaxe différe sensiblement de celle de notre époque.

- Majuscules et minuscules : nous respectons l'usage contemporain, qui consiste à mettre des majuscules en début de phrase et aux noms propres, sans tenir compte de la pratique du scribe.

- Ratures : les mots raturés par le scribe sont restitués sous cette forme lorsqu'ils sont lisibles, ou matérialisés par des xxxx lorsqu'ils sont illisibles. Il nous semble que cette présentation est mieux comprise par le lecteur qu'une restitution entre crochets [ ], qui pourrait donner à penser que ces mots font partie du texte.

- Nombres : En règle générale, les nombres sont reproduits tels qu'ils se présentent dans le document (en toutes lettres, en chiffres romains ou en chiffres arabes).

- Mots insérés dans le texte : selon le cas, les mots omis par le scribe et signalés par un renvoi hors texte sont intégrés à leur place dans le cours du texte et entre crochets [ ], ou bien laissés en mention marginale.

- Lacunes : les passages effacés ou détruits, les lettres ou mots omis accidentellement par le scribe sont restitués entre crochets [ ] dans la mesure du possible. En cas d'impossibilité de reconstitution du texte, ces passages sont représentés par des points de suspension, également placés entre crochets.

- Commentaires : les commentaires destinés à aider à la compréhension du texte sont mis en notes de bas de page.